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l'Espace Jean-Pierre BANZOUZI

 


 

Qui suis-je ?

 

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Je anthropologue, docteur en sceinces sociales de l'Université Libre de Bruxelles (Belgique).

J'ai enseigné à la Faculté des Sciences économiques de l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville (République du Congo).

Mes recherches actuelles portent sur l'Histoire du patrimoine, précisément sur les " lieux de mémoire " au Congo.


A propos de ma thèse de doctorat

Titre

Imaginaire de quotidien à travers le discours du kiosque à Brazzaville (Congo). Une nouvelle appropriation de la rue en tant que lieu de discours et de sociabilité

Sous la direction de : Claude JAVEAU

Nombre de pages : 300

Organisme de soutenance :

Faculté des sciences sociales, politique et économiques

Université Libre de Bruxelles (ULB), Belgique

Date de soutenance

Le 20 mai 1998

 

Résumé

 

L’urbanisation accélérée et la crise multiforme ont fait naître dans les rues de Brazzaville, un objet urbain qui exprime bien la multifonctionnalité de ces rues (en tant que lieu de débrouille, d’échanges, de discours, de la violence, etc.). Le kiosque, ce signe du banal, du qutidien, qui dit et fait la ville pour les milieux dont il est l’émanation, représente un execellent support de l’analyse d’une nouvelle culture suburbaine à Brazzaville. Le kiosque jusqu’ici, n’aura été traité que comme fait purement économique ; cela s’inscrivant dans ce que l’on a pris l’habitude d’appeler les petits métiers. Pour l’auteur, le phénomène « kiosque » est une invention culturelle d’abord : ce kiosque parle à la rue, mode d’expression de cette subculture urbaine dont les jeunes brazzavillois en sont les acteurs. Une balade guidée dans les couloirs de l’imaginaire brazzavillois, c’est bien à cela que convie cette exploitation des des signe affichés (enseignes) et du discours en ce « lieu public » statique et ambulant qu’est le kiosque. Ce kiosque, lieu de discours, en est devenu également un espace de sociabilité. Ainsi, en tant qu’observatoire urbain, il se présente comme ce que Georges Balandier (dans les Brazzavilles Noires, 1955) appelle « un laboratoire d’innovation » ou une « socialité à l’essai ? » ou encore mieux, comme le montre à juste titre Michel Maffesoli (1979), ces signes du banal autant de « créations miniscules dont on ne peut sousestimer l’efficace » permettant ainsi de gagner que « Ce social tout en étant tou à fait discret n’en reste pas moins prégnant ». Du parcours de ces lieux communs fait partie la communication directe dans ce pays sage urbain.

 

 

 

L'histoire  du Congo

à travers les rues de Brazzaville

Écrire une histoire du Congo en partant des noms de rue, tel est le pari de la présente étude. En effet, Brazzaville a la particularité d’avoir des rues portant des noms contrairement aux capitales des autres pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). L'hypothèse de base de cette étude est que les noms de rues traduisent les réalités et les valeurs culturelles de leurs fondateurs et rendent compte, à leur manière, de l'histoire du Congo. L'objet de cette étude est d'utiliser la rue comme outil méthodologique, sorte d'itinéraire historique rendant compte de l'histoire du Congo.

1. Définition de la rue

L'origine étymologique de « rue» est le mot latin « ruga » nom gardé en italien et dans d'autres langues latines et qui par déformation est devenue « rue ». « Ruga » veut dire vide. On peut dire que la rue est une cicatrice laissée par l'histoire. Cet espace de la rue est fondamentalement le lieu d’une histoire.

L’approche retenue dans la présente étude vise à dégager la personnalité de la rue, mais également à répondre à la plus banale, des questions : quelle est ton adresse ? Rue Bayardelle, rue Général de Gaulle, avenue de France, avenue de Paris, etc., noms d'hommes célèbres, de la ville ou de pays que, dans la pratique courante, on est amené à prononcer constamment. Cette familiarité est ambiguë, fallacieuse et savamment orchestrée par l'Administration coloniale. Ainsi, nous sommes, où nous ne sommes pas. Mais le pays où nous ne sommes pas existe et celui où nous sommes n'existe pas. La méconnaissance même des nouveaux noms est flagrante : rue Mpossi-Masséké, rue Mabiala Ma Nganga, rue Pierre Mbongo. Ainsi continue-t-on d'envoyer les lettres aux anciens noms des rues.

Le choix d'une telle approche trouve sa justification dans le fait que Brazzaville a été tant de fois capitale (de l'Afrique Équatoriale Française, de la France libre, du Moyen Congo, du Congo désormais de la République populaire du Congo). Cette ville se distingue encore une fois des autres capitales des pays de la Communauté économique et monétaire d'Afrique Centrale (Libreville, Ndjaména - anciennement Fort-Lamy - Yaoundé, Bangui) comme étant la seule dont les rues et avenues portent des noms de personnes, d'événements ayant fait date. De villes, de rivières; de forêts, etc.

Je me propose de faire connaître Brazzaville par les rues. Cette approche permet d'entrer complètement dans l'histoire du Congo par aperçu toponymique, historique et sociologique des noms des lues, avenues et lieux-dits selon les quartiers.

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Imaginaire et quotidien

à travers le discours du kiosque à Brazzaville

de Jean-Pierre BANZOUZI

 

Note de lecture

par Jean José MABOUNGOU

Les kiosques qui jalonnent les ruelles et rues de nos quartiers nous parlent, mais nous n’y prêtons guère attention, la plupart du temps. Ils véhiculent des messages et sont, dans le même temps, des lieux de renforcement du lien social. L’étude de Jean-Pierre Banzouzi, anthropologue formé à l’Université Libre de Bruxelles (Belgique) et dont les recherches actuelles portent sur «les lieux de mémoire» au Congo, tente de nous décrypter le kiosque comme porteur d’un discours particulier et lieu de consolidation du lien social.

 Son étude, qui se présente sous la forme d’un exposé de type universitaire, et qui emprunte à des domaines du savoir, tels la linguistique ou la sémiologie, se veut une approche avant tout sociologique.

Le kiosque, au sens où il faut entendre sa définition, c’est-à-dire une petite construction sommaire en planches ou en tôles -ou les deux à la fois le plus souvent- installée sur la voie publique et destinée à la vente de menues marchandises (cigarettes, savonnettes, morceaux de poissons séchés, etc.) ou services (coiffure, cordonnerie, appel téléphonique, etc.), se donne comme un lieu de cristallisation de l’imaginaire des jeunes citadins, selon l’acception d’un Georges Balandier, reprise par l’auteur: «Il est fait de toutes les images que chacun façonne à partir de l’appréhension qu’il a de son corps et de son désir, de son environnement immédiat, de sa relation aux autres, à partir du capital culturel reçu et acquis, ainsi que des choix qui provoquent surtout l’invention des ailleurs, ceux qui se situent au-delà des lieux habituels et que l’on peut dire exotopiques, ceux qui définissent des cités idéales, à construire quelque part et pour cette raison qualifiés d’utopiques».

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Ouvrage

 

 

 

Imaginaire et quotidien

à travers le discours du kiosque à Brazzaville

 

Préface par Justin-Daniel GANDOULOU

À l’époque coloniale, faut-il le rappeler, Brazzaville en tant que capitale de la fédération (AEF) et de la France Libre, constituait quasiment une plaque tournante, au niveau de la création culturelle (domaine littéraire et artistique). Elle jouait un rôle semblable à celui de Paris par rapport aux Provinces (avant la décentralisation). Des cercles culturels - foyers de création et de rencontres culturelles - étaient ouverts dans toute la capitale congolaise afin de permettre la formation et la promotion culturelle des populations. Brazzaville, « cet espace de la colonisation moderne était associé à une histoire fabuleuse, à des fastes, à des commerces de produits assez rares, à des guerres où déjà se jouait la défense d’une indépendance et d’une identité », écrit Georges BALANDIER.

Le Kiosque auquel Jean-Pierre BANZOUZI consacre ce livre prend tout son sens dans sa relation avec cet arrière-plan historique, social et culturel brazzavillois et congolais en général. Nous sommes  en présence d’un phénomène social - le kiosque - que l’omniprésence rend invisible, le noyant dans l’univers du mobilier urbain.

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Imaginaire et quotidien

à travers le discours du kiosque à Brazzaville

Extrait du Chapitre 1

Ce qui rend les grandes villes africaines si polymorphes, c'est, entre autres, leur grande capacité de se régénérer à travers plusieurs générations de citadins. À chaque génération ses singularités, ses spécificités, ses modes vestimentaires ou verbales... Brazzaville et Kinshasa sont les lieux d'un dynamisme social et culturel très riche. Il n'y a pas que la musique qui y soit vivante. D'autres formes d'expression plus souterraines le sont autant : peintures populaires, littérature policière, bandes dessinées expriment le désordre de cette vie urbaine. Mais la créativité est aussi quotidienne dans l'invention permanente des moyens de survie et dans les mots pour le dire.

Les nombreuses enseignes des petits métiers (coiffeurs, garagistes) et d’autres professions (cordonniers), des « lumpen-fast-food » et des décorations de camion ou de pousse-pousse, qui font partie de la communication directe dans ce paysage urbain, sont aussi des unités d'observation.

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