Centre d'études stratégiques du bassin du Congo (Cesbc)

Centre d'études stratégiques du bassin du Congo = ISSN  2493-5387

   

HISTOIRE

BULAMBEMBA et YELALA :

PATRIMOINES OUBLIÉS


BULAMBEMBA

 

Il faut sauvegarder Bulabemba

 

Pour les congolais ce nom évoque le lieu de détention des membres du MLC (Mouvement de Liberation du Congo) de Patrice Lumumba et des opposants au régime Mobutu. Cette ile située dans l'embouchure du Congo a hébergé Antoine Gizenga, Étienne Tshisekedi, Joseph Kamitatu, Godefroid Munongo, etc.

Mais cette Bulambemba traine une autre réputation ; elle a été un port actif dans le commerce des esclaves. Des fils de l'Afrique centrale atlantique capturés comme esclaves ont été envoyés au Portugal, à Madère aux Açores pour travailler dans les plantations de canne à sucre vers la première moitié du 15ème siècle. C'est le début de ce qui allait devenir la traite atlantique. Ceci se passe environ quelques décennies avant que les Amériques ne deviennent la nouvelle destination des esclaves et que Gorée ne devienne la plateforme de correspondance vers le continent américain.

Au Sénégal, les autorités ont mis en oeuvre une politique spécifique pour que l'ile de Gorée témoin de  "d’une expérience humaine sans précédent dans l’histoire des peuples" soit "une terre de pèlerinage pour toute la diaspora africaine", et "un espace d’échanges et de dialogue des cultures à travers la confrontation des idéaux de réconciliation et de pardon ". "L’île de Gorée a été classée site historique en 1944 avec des mesures de sauvegarde en 1951 (sous l’époque coloniale). Elle a par la suite été inscrite sur la liste du patrimoine national en 1975 (Arrêté N°012771 du 17 novembre 1975) et sur celle du patrimoine mondial en 1978."

Comme Gorée, Bulambemba "apporte un témoignage exceptionnel sur l’une des plus grandes tragédies de l’histoire des sociétés humaines : la traite négrière." Mais Bulambemba n'a pas bénéficié d'aucune attention. L'ile souffre de sa situation dans une région caractérisée par des conflits armés (Angola Congo) et autres troubles politiques quasiment ininterrompus (Congo) depuis la fin des années 1950. Tantôt place militaire destinée à contrôler l'embouchure du Congo, tantôt île-prison pour les opposants politiques au régime Mobutu, Bulambemba demeure plus que jamais une terre de souffrance.

Le temps est venu pour sauvegarder Bulambemba et tout ce qui témoigne de son passé historique. L'ile doit devenir un lieu de mémoire, un lieu de pèlerinage à l'image de l'ile de Gorée.

 

 

 

Restauration et conservation de ces lieux

 

Bulambemba et Yelala, sont les témoins de plus de cinq siècles d'histoire d'Afrique centrale atlantique. Ils ne méritent pas le sort qui leur est réservé.

Serge DIANTANTU a entrepris "de parler de cette histoire si difficile sans complexe". Comme il le dit "au fond, les gens veulent savoir ce qui s’est passé…" Il a choisi la bande dessinée pour briser l'oubli et parler de cette histoire en publiant Mémoire de l'esclavage. Il réfléchît aux actions à mettre en oeuvre pour restaurer et sauvegarder ces lieux de mémoire afin de les rendre à la conscience universelle.

Vous pouvez le contacter par son site internet en cliquant sur le lien que voici :

www.serge-diantantu.com

 


 

YELALA

 

 

Durant son second voyage (1485-1486), en octobre ou novembre 1485, près des chutes de Yelala, en amont de Matadi, Diego Cão laisse une inscription gravée sur une pierre qui témoigne de son passage et de celui de ses hommes.

Cette inscription situerait la premier contact de l'expédition avec le fleuve Congo le 23 avril 1482.

 

L'inscription authentique sur une roche près des chutes

de Rio Mpozo (Angola)

 

The Stone of Yellala, bearing an inscription of 1485 by Diogo Cão

 

 

 

 

 

 

Décalque de l'inscription

 

 

Le message en portugais

Aqui chegaram os navios do esclarecido rei D.João II de Portugal – Diogo Cão, Pero Anes, Pero da Costa”

Traduction française

"Ici sont arrivés les navires du roi très éclairé Dom Jean II de Portugal - Diogo Cão, Álvaro Pires e Pedro Escobar Pero Anes, Pero da Costa”.

 

 

 

Padrão de Saint Augustin

 

 

 

 

 

Cette stèle a été élevée par Diogo Cão en 1482 au cap Santa-Maria également appelée Cabo do Padrão (portugais) ou Cap Padron (français) en Angola en face de Banana (Congo). C'est une monolithe portant le blason du Portugal et surmonté d'une croix pour rappeler le souvenir de son passage C'est donc une « pierre de possession »).

Vandalisé par les Hollandais en 1642, le  Padrão de Saint Augustin fut retrouvé par un voyageur suédois en 1886. Réhabilité, il est  conservé au Musée de la Société de Géographie de Lisbonne (Portugal). le Musée Royal de l'Afrique Centrale de Tervuren (Belgique) en possède une copie.

 

 

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