Arsène Francoeur NGANGA

(Chercheur en histoire et anthropologie socioculturelle des noirs des Amériques)

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PRÉSENCE ET HÉRITAGE DES ESCLAVES BANTU

D’AFRIQUE CENTRALE EN FLORIDE

 

 

L’histoire de la naissance de la ville de Santa Teresa de Mose dite " Fort – Mose ", située dans l’actuel état de FLORIDE (États-Unis d’Amérique), ancienne colonie espagnole, est liée à l’histoire des esclaves qui peuplaient l’état voisin de CAROLINE du Sud (États-Unis d’Amérique), ancienne colonie anglaise.

 

I. De la présence des esclaves bantu d'Afrique Centrale en Caroline du Sud

 

En effet, la colonie anglaise de Caroline du Sud situé dans la région que l’on appelle « Low countries » le sud agricole des États-Unis d’Amériques, a eu pour caractéristique, démographique, durant la période de la traite négrière (XVIIe et XVIIIe siècle), d’avoir reçu majoritairement des esclaves en provenance de l’Afrique Centrale principalement du Royaume Kongo. Un témoignage  du Lieutenant Général Sir Francis NICHOLSON gouverneur du Maryland (1694 – 1698), Gouverneur de la Virginie (1698 – 1705) et gouverneur de la Caroline du Sud (1721–1725), dit que la Royal African Company de Grande-Bretagne transportait des captifs de l’Afrique Centrale pour la Jamaïque et les Barbados. Après des bateaux venaient de la Caroline du Sud, Maryland et Virginie pour acheter des esclaves, mais à partir de 1720, les bateaux négriers arrivaient directement en Caroline du Sud par le Port de Charleston et Savannah puis à Port York au Sud de la Virginie.

 

L’historien Américain Peter Wood dans (Black Majority : in Colonial South Carolina From 1670, through the Stono Rebellion, Norton 1975 (également thèse de doctorat à l’Université d’Havard en 1974) affirme que près de 70% des esclaves de la Caroline du Sud étaient des Kongo, à peu près 8.000 captifs Kongo ont peuplé l’Île Sullivan entre 1735 et 1740. L’archéologue Américain Leland FERGUSON a confirmé la prépondérance des KONGO en Caroline du Sud, allant jusqu’à affirmer que le quart des Noirs des États-Unis d’Amérique étaient originaires de l’Afrique Centrale. Les esclaves KONGO ont  bien été pris dans les plantations de riz parmi lesquelles : la River Cooper Plantation de Sir Nathaniel Johnson gouverneur de la Caroline du Sud (1703 – 1709), la plantation de Comingtee et autres.

 

Le climat esclavagiste de dur labeur avait entrainé l’évasion sporadique des esclaves  dans les plantations. Les esclaves s’évadaient tantôt en solitaire ou en petits groupes pour trouver refuge en Floride où les espagnols accordaient la liberté aux esclaves qui se convertissaient au catholicisme, conformément à l’Édit du Roi Catholique d’Espagne de 1733.

 

Les colons anglais traitaient les esclaves comme des objets, des betes immondes que l’on pouvait lyncher et tuer ;le colon pouvait bruler son esclave, lui couper les oreilles ou la jambe, une barbarie légale et institutionnelle. Le Negro Act de 1722 demandait à tous les propriétaires d’esclaves de pouvoir rançonner le Marshall ou Constable (Chef de Police) qui ramènera un fugitif ou qui lui coupera la jambe. En  1732 Charles Jones après avoir capturé un esclave fugitif l’exécuta en le tronchant la tête, ensuite la tête de cet esclave fut perché sur un poteau, la pendaison de Caesar en avril 1739. En 1791 deux nègres furent brulés vifs par des colons à Charleston.

 

La Floride était de fait, l’ELDORADO de la liberté, le rêve de tous les esclaves de la Caroline du Sud ; d’ailleurs Arthur Middleton, Gouverneur de la Caroline du Sud(1725) avait écrit à la couronne à Londres pour se plaindre de la Floride qui recevait les fugitifs de sa région au risque de vider les plantations de riz  de la main d’œuvre nègre.

 

Le 07 septembre 1739 à Charleston a lieu la première révolte des esclaves  à l’intérieur des frontières du territoir actuel des Etats-Unis d’Amérique, "La révolte de Stono" (elle a eu lieu à côté de la rivière Stono) conduite par des esclaves Kongo qui tentaient de joindre la Floride. Le professeur John K. Thornton a rapporté des chants en Kikongo et la prière de Kimpa Vita "Salve Antonia" chez ces esclaves (The Kongolese St Anthony, 1998) dans leur route vers la Floride.

 

Pour l’historien Ira Berlin, chef du département d’histoire de l’Université du Maryland (Many Thousands Gone, 1998, p. 73) « c’est le traitement des esclaves en Floride qui est à l’origine de la révolte de Stono ».

 

II. De l'arrivée des esclaves bantu d'Afrique centrale en Floride

 

1. La présence des esclaves à Fort Mose

 

C’est à partir de 1687 que le Gouvernement Espagnol de Floride accordait l’asile aux esclaves fugitifs des colonies Britanniques et en 1693, un édit du roi catholique Charles II d’Espagne proclame officiellement que tous les esclaves qui se convertiront au catholicisme deviendront libres, avec un service militaire de 4 ans auprès de la couronne. Les Espagnols visaient à déstabiliser l’économie des plantations des colonies Britanniques en accordant la liberté aux fugitifs. Le 15 Mars 1738, le gouverneur Royal de la Floride occidentale (1737-1749) Le Général Don  Manuel De MONTIANO ordonne la construction du village ‘’Fort Gracia Real de Santa Teresa de Mose’’ au nord de la ville de saint Augustine non loin de Jacksonville.

 

Fort Mose est ainsi la première ville des noirs libres de toute l’histoire de l’Amérique du Nord, un sanctuaire pour les esclaves qui cherchaient à s’échapper de la servitude des colons Anglais, c’est le lieu de naissance de la liberté en Amérique du Nord, plus d’un siècle avant la proclamation de l’émancipation des esclaves dans les colonies britanniques. Les anciens esclaves qui habitaient à Fort-Mose étaient associés à la construction des églises, ils étaient enregistrés dans les registres paroissiaux avec leurs origines ethniques et ils étaient intégrés dans la milice Espagnole pour servir de garde frontière. En 1763, quand l’Espagne cède la Floride au Royaume Uni de Grande Bretagne, les espagnols partirent à Cuba avec quelques esclaves, les Britanniques importeront des esclaves de la Caroline du Sud. Le traité de Paris de 1783 qui mit fin à la guerre d’indépendance des Etats-Unis, restitua la Floride à l’Espagne.

 

De 1986 à 1988, un groupe de spécialiste sous la Direction du Dr Kathleen Deagan, de l’Université Internationale de la Floride (Gainesville), Directrice des fouilles archéologiques à St Augustine depuis 1972 et du site de fort Mose, leurs résultats des fouilles ont permis d’établir que les esclaves Africains affranchis s’étaient alliés aux espagnols pour combattre les anglais et ils ont joué un rôle considérable quand les anglais attaquèrent Fort-Mose en 1740, ainsi que dans la contre-offensive des Espagnols par l’invasion de  la Géorgie ,durant la guerre de Jenkins(1740-1748)

 

Jane Landers, historienne à la Vanderbilt University dans le Tennessee (États-Unis d’Amérique) et présidente de la conférence sur l’histoire de l’Amérique latine, a fouillé des documents dans les archives coloniales d’Espagne, CUBA, Floride et Caroline du Sud et elle a vivement souligné la prépondérance des esclaves fugitifs d’origine KONGO. Dans son ouvrage publié en 1999 "Black society in Spanish Florida", elle déclare que plusieurs esclaves fugitifs arrivés à Fort-Mose s’identifiaient comme étant Kongo. Le Registre des Mariages Africains de la Cathédrale du diocèse de Saint Augustine entre 1665-1763 et qui indique les origines ethniques montre que les KONGO étaient le groupe ethnique le plus nombreux, le Micro Film Reel 284C, le Micro Film Reel 284 FPK. YONGE qui se trouve à la Librairie de l’histoire de la Floride à l’Université Internationale de la Floride à Gainesville, parle du mariage d’esclaves KONGO émancipés : Pedro Graxales et Maria De La Conception Hita, le 19 janvier 1744, celui de Tomas Chrisostomo et Anna Maria Ronquillo, le 28 Février 1745 et autres.

 

Le "Data Base Militia", sur le personnel Militaire et leurs origines ethniques à Fort-Mose,  qui fait partie des archives militaires de Fort – Mose entre 1665–1763 et 1784 – 1821, atteste que la majorité des noirs intégrés dans la milice de Fort – Mose furent les KONGO (Linda Heywood 2002, P229) suivie par les Mandingues de la Guinée. Nicolas Briones et Pedro de Léon furent des miliciens KONGO de Fort – Mose,  le célèbre chef de cette Milice Francisco MENENDEZ était également d’origine Kongo. Le professeur John K. Thornton note que bien que ces fugitifs soient soumis à l’apprentissage de l’espagnol certains esclaves émancipés priaient en Kikongo (Micro Film Reel 284 D, Pky, Librairie d’histoire de la Floride, Université Internationale de la Floride à Gainesville). « A Fort Mose se trouve, le plus vieux sanctuaire de la vierge Marie, des Etats-Unis d’Amérique, en existence depuis 1670 ».

 

Jane LANDERS, a fait un rapport (LINDA Heywood 2002, p. 231) sur les migration des Kongo dans certaines villes da la Floride : Bow Legs Town, PILAKLIKAHA, Payne’sTown, Mulatto Girls Town, King Heijah Town, Buker Woman’s Town, Pensacola et le long de la rivière Suwanee et Withlacoocttee et le fleuve Apalachicola. Selon Larry Eugene Rivers (Slavery in Florida : territorial days to emancipation, Gainesville, University Press of Florida 2000)  la rivière Suwannee vient du mot kikongo  « nzo-wanyi » qui veut dire ma maison » tandi que la ville de « Pilaklikaha » vient du mot kikongo « pakala » ou « kipakala » qui veut dire « sacoche ou cartouchière » selon Anthony E Dixon (2007, pp.  22 et 23)

 

2. Présence et rôle des esclaves bantu d'Afrique Centrale durant les guerres séminoles de la Floride

 

Certains esclaves fugitifs de la Caroline du sud avaient trouvé refuge auprès des populations séminoles (race indiennes de la Floride) des forêts de Floride. Ces noirs généralement dénommés indiens noirs ou Afro-séminoles « Black séminoles » ont combattu durant les guerres séminoles, les guerres entre les États-Unis et les indiens séminoles (1817-1818 ;1835-1842 ;1855-1858).

 

C’est le septième président des États-Unis d’Amériques (1829-1837) Général Major Andrew Jackson « l’impénétrable » « Le Dur », figure importante qui a dominé la politique Américaine dans les décennies  1820-1837. Il conduisit l’invasion de la Floride lors de la première guerre séminole. Les indiens noirs ou Afro-séminoles jouèrent un rôle considérable durant ces guerres. Le Général de brigade Américain Thomas Sydney Jesup, commandant des troupes informa le département de la guerre que « la guerre des séminoles n’était pas une guerre contre les indiens, mais plutôt une guerre contre les noirs » anciens fugitifs de la caroline du sud. Les noirs indiens ont farouchement résisté dans la guérilla des forets floridienne, ils ont constitué la cheville ouvrière de l’effort de guerre des indiens (cf : William Loren Katz : Black Indians : A Hidden Heritage, New York, Atheneum 1986).

 

La majorité des indiens noirs de Floride furent d’origine Kongo. À cet effet, Anthony E. Dixon , dans sa thèse de doctorat soutenue au Département d’histoire de l’université de l’Indiana en mai 2007(4) dit « l’onomastique des Afro-indiens séminoles est parallèle à la langue kikongo et parle d’une forte influence de la culture kongo dans les traditions des Afro-indiens séminoles « soutenant le linguiste  Ian Hancock de l’université du Texas à Austin et l’Anthropologue Canadienne Rebecca Bateman de la Simon Fraser University (Canada), il parle des noms de familles Afro-indiennes d’origine Kongo tel que Dembo, Juba (Dzumba) et Quaco (Nkouakoua); il asserte aussi que la langue des afro-séminoles  vient du dialecte Afro-américain du sud des États-Unis, « le Gullah », composé à 40 % des mots kikongo, et le mot « Gullah » vient de N’gola (Angola ). Le linguiste Afro-américain Lorenzo Dow Turner, diplômé de Harvard et premier noir américain membre de la Société Américaine de Linguistique a consacré des études sur ce dialecte et parlait de la prépondérance du kikongo (cf. Africanisms in The Gullah Dialect, 1949)

 

Les indiens noirs ou Afro-séminoles qui furent capturés étaient réinstaller avec les indiens dans l’actuel État d’Oklahoma, au nord du Texas ; d’autres se refugièrent et vivent jusqu’à aujourd’hui sur l’ile d’Andros au Bahamas ou il y a une ville « Kongo Town », certains se sont retrouvé à Nacimiento dans l’État de Coahuila au nord du Mexique et à Brackettville au Texas. En 1870 après l’émancipation des esclaves, la cavalerie Américaine du Texas intégra des noirs séminoles et en 1875, trois d’entre eux obtinrent « La Médaille d’Honneur » de l’armée Américaine (Medal of Honor), la plus haute distinction militaire des États-Unis d’Amérique. L’anthropologue Canadienne Rebecca Batemann a confirmé que les survivances linguistiques des afro-indiens séminoles sont Kongo.

 

C. Héritage socioculturelle des esclaves bantu d'Afrique Centrale en Floride

 

Les Kongo ont grandement contribué à l’héritage Socioculturel des Noirs en Floride. Pour l’archéologue Américain LELAND Ferguson, les Kongo ont dispersé leurs traditions le long des côtes de la Floride. Au cimetière de Bosque Bello, sur l’Île d’Amélia, les tombes sont construites selon la tradition Kongo, en céramique blanche pour symboliser la couleur de la mort, avec des coquillages blanc, pour symboliser l’eau, le Monde des morts (MPEMBA) (cf. Kongo Influence in African – American Artistic culture par Robert – Farris Thompson, dans Africanisms In American culture, pp. 283–300 de Joseph E. Holloway, Indiana UniversityPress 1990). On a retrouvé des coquillages sur plusieurs tombes de soldats Noirs Américains qui périrent pendant la guerre du Viêt-Nam.

 

Leslie M. Alexander et Walter C. Rucker (dans l’Encyclopédie de l’histoire Afro – Américaine, volume 1, p. 201), parlant des décorations tombales, soulignent également de la coloration blanche sur les tombes de certains Afro–Américains pour symboliser le Monde des Morts (MPEMBA), dans le Sud des États-Unis avec les objets du défunt sur la tombe (assiettes, bouteilles, etc). Ces pratiques se retrouvent également sur la tombe de la célèbre prêtresse Vodoo Marie LAVEAU à Saint Louis en Louisiane (cf. Elisabeth Fenn : " Honoring the ancestors : Kongo-American Graves in American South ", Southernexposure 13 september / october 1985, pp. 42 – 47 »). Pour Anand Prahlad (The Greenwood Encyclopedia of African American Folklore, Westport, Greenwood Press 2006, pp. 543) « les influences sur les pratiques funéraires des Afro-Américains proviennent majoritairement du Kongo.

 

III. Conclusion

 

La naissance de l’expérience Africaine Américaine a eu lieu à Saint Augustine, la proclamation de l’émancipation fut lu à Saint Augustine en 1862 avant que cela soit officialiser par Abraham Lincoln.

 

La ville de Fort – Mose en Floride est l’un des sites le plus important de l’histoire Afro-Américaine l’une des plus vieilles villes des États-Unis d’Amérique, le premier site de l’héritage des noirs en Floride ; elle est depuis le 12 Octobre 1994, classée au patrimoine national des États-Unis, Parc Historique de l’Etat de la Floride, enregistré sur le registre national des places historiques des États-Unis d’Amérique. En 1866 des esclaves émancipés de Saint Augustine créèrent la communauté de Lincolnville « Little Africa » « petite Afrique », juste après la guerre civile Américaine, cette ville fut un grand foyer du mouvement des droits civiques qui a conduit au vote du Civil Right Act de 1964 et le Voting Act de 1965.

 

 Le Visitor Center et le Musée qui se trouvent à Saint Augustine contiennent des objets trouvés lors des fouilles archéologiques conduites par le Dr KATHLEEN DEAGAN. La Fort Mose Historial Society (Société historique de Fort Mose) travaille pour la préservation et l’interprétation du site  pour les générations présentes et futures ; elle s’efforce de rapporter son histoire au peuple Américain et au peuple du Monde. Certains descendants des habitants de Fort Mose et Saint Augustine, forme aujourd’hui la communauté noire de Jacksonville, TAMPA et MIAMI.

 

 

Éléments de bibliographie

 

ALEXANDER Leslie M. and RUCKER Walter C., Editors, (2010)

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DIXON Anthony E.,

Black Seminole Involvement and Leadership during the second Seminole War, 1835-1842, A dissertation submitted to the Faculty of the University Graduate School in partial fulfillment of the requirements for the degree Doctor of Philosophy in the Department of History, Indiana University, May 2007.

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Honoring the ancestors : Kongo-American Graves in American South "

HANCOCK, Ian, (1980),

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The Black Seminoles: History of a Freedom-Seeking People, University Press of Florida; 1st edition, 328 pages.

PRAHLAD, Anand, (2006),

The Greenwood Encyclopedia of African American Folklore, Westport, Greenwood Press 2006, pp. 543

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Site Internet :

 

http://www.slaveryinamerica.org/history/hs_es_indians_slavery.htm

 

 

 

Société Historique de Fort – Mose

Fort Mose State Park

15 Fort MoseTrail

St Augustine, Floride 32084

Tél. (001) 904 823 - 22 32

www.fortmose.org

 

Visitor information centre

10 castillo Drive

Saint Augustine (Floride)

Tél. : (001) 904 825 1000

 

 

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